Lancement du projet RESCOM sur le site du Parc naturel de Bouhachem au Maroc
Le projet RESCOM étend ses actions au Maroc avec l’intégration d’un nouveau site pilote : le Parc naturel de Bouhachem, créé en mai 2025 dans la région du Rif, situé dans le nord-ouest du pays. D’une superficie de 80 000 hectares, réparti sur trois provinces et six communes rurales, le Parc se distingue par sa diversité écologique, mêlant terres agricoles, forêts de chênes (dont les chênes liège et zéen et zones humides de grande valeur, mais encore peu étudiées.
Ce territoire abrite ainsi une biodiversité remarquable, notamment le singe magot (macaque de Barbarie), espèce endémique menacée d’extinction, ainsi que de nombreux mammifères et reptiles. Il est toutefois soumis à de nombreuses pressions d’origine anthropique : défrichement pour mise en culture dont l’élevage, braconnage, prélèvements hydriques, et impacts croissants du changement climatique (sécheresses, incendies).
Une approche multi-écosystèmes au cœur du Rif occidental
Une équipe de l’AIFM et de la Tour du Valat, membres du Consortium Méditerranéen pour la Biodiversité, s’est rendue sur le site la semaine du 20 avril, afin d’identifier, en partenariat avec la Direction régionale de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (DRANEF-TTA), gestionnaire du Parc, les priorités d’intervention du projet RESCOM. Cette mission s’inscrit dans le cadre d’une coopération officialisée par un protocole d’accord signé en mars 2026 entre l’ANEF, l’AIFM et la Tour du Valat.

Les actions envisagées viseront à agir simultanément sur les écosystèmes forestiers et les zones humides et incluront notamment :
- la restauration participative d’une parcelle forestière incendiée d’environ 20 hectares, selon les standards internationaux de restauration de la Society for Ecological Restoration Europe. La parcelle fera office de site de démonstration pour l’application de cette méthode – une première en Afrique du Nord – visant la régénération assistée, à partir de la plantation de chêne liège, de chêne zéen et potentiellement d’autres essences autochtones d’intérêt pour les populations locales (laurier, caroubier), en tenant compte des problématiques de sécheresse qui s’accentuent sur le site ;
- l’amélioration des connaissances sur les zones humides, encore insuffisamment documentées, qui jouent pourtant un rôle clé dans la régulation hydrique et la préservation de la biodiversité ;
- la sensibilisation des habitants pour renforcer la compréhension et l’appropriation des enjeux liés à la préservation des forêts et des zones humides, afin d’accompagner le processus de création du parc naturel et de favoriser son acceptation à long terme.

Des bénéfices escomptés à la fois écologiques et sociaux, en lien avec le concept de Solution fondée sur la Nature
Le projet visera ainsi à restaurer des habitats naturels dégradés et à renforcer leur connectivité écologique, éléments essentiels à la préservation de la biodiversité locale, notamment du singe magot. Il contribuera également à réduire l’érosion des sols et à limiter le ruissellement.

Le projet accordera par ailleurs une place centrale aux populations locales, en les impliquant dans les activités de restauration (reboisement, entretien, gardiennage…). Il contribuera à la création d’emplois et s’inscrira en complémentarité avec des initiatives concourant au développement socio-économique du territoire portées par l’ANEF et d’autres partenaires techniques et financiers, à travers notamment la création et la professionnalisation de coopératives en lien avec la valorisation de différentes filières (travaux forestiers, produits forestiers non ligneux, écotourisme).

Le projet contribuera ainsi à la mise en œuvre de la stratégie nationale « Forêts du Maroc 2020-2030 », soutenue par l’AFD. Les actions seront mises en œuvre avec le concours d’organisations locales partenaires de l’ANEF, telles que l’Université de Tétouan et l’association BMC-Rif, dont l’expertise et l’ancrage territorial sont essentiels pour garantir la réussite et la pérennité des opérations.
L’AIFM et la TdV remercient chaleureusement les équipes de la DRANEF et de BMC-Rif pour leur accueil, leur disponibilité, la qualité des échanges ainsi que leur précieux appui à la préparation technique et à l’organisation de cette mission, qui marque une étape clé dans le renforcement de la coopération entre les organisations.
Photos: © Tour du Valat
